Interview de Dayane QUEIROZ, conseillère de vente et chargée de développement stratégique du marché

Arrivée en France après une première carrière au Brésil, Dayane QUEIROZ a su transformer une opportunité en véritable levier professionnel. Entre conseil client, stratégie marketing et développement de partenariats internationaux, elle navigue aujourd’hui entre plusieurs casquettes au sein d’une pharmacie parisienne. Portée par ses convictions en matière de durabilité, elle partage un parcours riche, ses défis d’intégration et son engagement pour une consommation plus responsable.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
Je m’appelle Dayane QUEIROZ. J’ai suivi un master 1 et 2 en design et gestion de l’innovation durable. Avant de venir en France, j’ai travaillé au Brésil, notamment chez Carrefour, où j’étais coordinatrice en développement durable. J’avais déjà une solide expérience dans ce domaine. Après mon expérience chez Carrefour, j’ai travaillé chez Afya, un groupe dans le secteur de l’éducation médicale. J’y ai occupé le poste de spécialiste en durabilité, où j’ai contribué au développement du domaine de la diversité, ainsi qu’à la rédaction de rapports de durabilité et aux engagements publics avec le Pacte mondial et ONU Femmes pour le leadership féminin, tout cela au Brésil.
Ensuite, mon ancienne directrice m’a conseillé de venir étudier en France. Lorsque j’ai commencé mon master ici, j’ai continué à travailler avec eux à distance pendant trois mois. En arrivant en France, j’ai cherché à poursuivre dans cette voie, mais je n’ai pas trouvé d’opportunités équivalentes. J’ai finalement intégré une pharmacie en tant que conseillère de vente, pendant mon dernier semestre de master. Petit à petit, j’ai proposé d’élargir mon rôle, notamment sur les aspects marketing, RSE et développement stratégique.
En quoi consiste le métier de conseillère de vente et chargée de développement stratégique du marché Brésil-France ?
Aujourd’hui, j’alterne entre présence en magasin et travail stratégique en télétravail. En magasin, j’accueille principalement une clientèle brésilienne, souvent en groupe via des agences de tourisme. Je présente la pharmacie, ses innovations technologiques comme le robot de distribution, et je conseille les clients sur les cosmétiques ou les produits de santé, en mettant l’accent sur des alternatives plus naturelles et durables.
En parallèle, je travaille sur le développement du marché Brésil-France. Cela inclut la recherche de nouveaux partenaires, la gestion de relations B2B, l’organisation d’événements ou encore la collaboration avec des influenceurs et des agences de relations publiques. J’ai notamment permis un partenariat avec la Chambre de commerce du Brésil en France et organisé des conférences autour du tourisme durable.
Quelles sont les qualités et compétences essentielles pour exercer votre métier ?
Il faut avant tout maîtriser les techniques de vente et de négociation. Mais ce n’est pas suffisant. Il est aussi important d’avoir des compétences en relations publiques et en marketing. Sur le plan humain, la patience, l’adaptabilité et la compréhension des différences culturelles sont essentielles. Dans mon cas, je dois comprendre la culture brésilienne tout en étant capable de la traduire dans un contexte français. Enfin, il est indispensable d’avoir une bonne connaissance des produits. Cela passe par leur composition, leurs effets sur la peau, la présence éventuelle de substances controversées, et leurs engagements environnementaux.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est de pouvoir continuer à promouvoir la durabilité. Même si ce n’est pas le cœur de l’activité de l’entreprise, j’essaie toujours d’orienter les clients vers des produits plus responsables. J’aime aussi la dimension stratégique, notamment quand je monte des projets avec des marques engagées comme Caudalie. Le fait de sensibiliser les clients à des enjeux environnementaux tout en restant dans une logique commerciale est très motivant pour moi.
Quel est le plus grand challenge que vous avez rencontré ?
L’un des plus grands défis a été de développer la clientèle brésilienne au sein de la pharmacie. J’ai dû faire le lien entre deux cultures, expliquer les différences, et adapter les stratégies.
Les voyages au Brésil avec mon directeur ont été très importants pour cela. Ils m’ont permis de créer des partenariats et de mieux comprendre les attentes des clients. Aujourd’hui, les ventes auprès de la clientèle brésilienne ont fortement augmenté, ce qui est une vraie réussite.
Pourquoi avoir choisi cette voie ?
Ce n’était pas un choix initial. Cette opportunité s’est présentée pendant mes études, notamment grâce à mon mémoire sur les cosmétiques. Mon directeur s’y est intéressé et m’a proposé de rester dans l’entreprise.
J’ai aussi travaillé sur un projet d’évaluation des cosmétiques, un peu comme l’application Yuka, mais appliqué aux produits de beauté. Même si ce projet n’a pas été développé, il m’a permis de gagner en crédibilité et d’évoluer dans mon poste.
Pourquoi avoir choisi votre formation chez Autograf ?
Les cours étaient très orientés RSE, innovation et créativité, ce qui correspondait parfaitement à mes attentes. J’ai particulièrement apprécié les projets concrets avec des entreprises, ainsi que les concours auxquels j’ai pu participer, comme celui autour du zéro déchet où j’ai été finaliste. J’ai aussi travaillé avec la mairie du 10e arrondissement sur des projets liés aux déchets alimentaires, ce qui a été très formateur.
Quels conseils donneriez-vous aux futurs diplômés ?
Je conseillerais d’abord de bien maîtriser le français avant de venir en France. C’est essentiel pour s’intégrer et trouver des opportunités professionnelles. Je dirais aussi qu’il vaut mieux venir plus jeune, car l’âge peut être un frein sur le marché du travail. Enfin, il faut rester ouvert, curieux et persévérant, même face aux difficultés.
